LA FORTUNE DES ROUGON d'Emile Zola

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Un paysan qui commence à sentir la nécessité de l’instruction, devient le plus souvent un calculateur féroce.

Tout a déjà été écrit sur cette œuvre monumentale que sont les vingt romans sur la famille des Rougon-Macquart, mais j'avais besoin d'écrire mon admiration pour cette plume.

Rappelons qu'au travers de cette famille, Émile Zola dépeint la société du Second Empire le plus empiriquement possible, mais également, il s'évertue à démontrer, en plus de l'influence du milieu sur l'Homme, le poids des tares héréditaires d'une famille.
L’hérédité a ses lois, comme la pesanteur.
La fortune des Rougon est le point de départ, le roman des Origines de cette famille. Quand Zola commence à l'écrire, il a déjà tracé l'arbre généalogique qui a pour personnage initial Adélaïde. Adélaïde aura un mari, Rougon, et un amant, Macquart. De cette femme, sujette à des crises nerveuses et des convulsions, atteinte d'une folie douce qui ne lui permet pas de vivre en société, naîtra l'aventure sublime d'une famille dans un siècle de transformations.

Coup d’État du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte conserve le pouvoir et dissout l'Assemblée Nationale. Dans le sud de la France, à Plassans, Pierre Rougon, fils d'Adélaïde, opportuniste patenté et avide de richesse, prend alors le pouvoir de la ville.
Son frère, Antoine Macquart, le fils illégitime, joueur et aimant l'ivresse des tavernes, est, comment le dire simplement, un branleur de première, faisant bosser sa femme et ses gosses. Aigri par la position de son frère, il lutte avec les Républicains pour finalement retourner sa veste pour mille francs.
Se détachent les deux branches d'une famille qui portent les stigmates de leurs ascendants : les Rougon chez qui domine la fièvre de l'argent et du pouvoir, et les Macquart, au caractère plus fragile de par la folie d'Adélaïde et l'ivrognerie de son amant.

Je pose là le point de départ du roman, et de la série à suivre, mais c'est peu en dire. Il y a tant de personnages complexes sans lesquels l'histoire ne tiendrait pas. Il y a Félicité qui soutient son Rougon de mari avec la malice de la femme qui manipule tout en restant à sa place de femme. Mais il y a aussi ces personnages qui ne font que passer et qui laissent une lumière, qui laissent quelque chose de beau et de tragique au milieu des requins et de la saleté. Il y a Silvère et Miette qui s'aiment avec la pureté des sentiments d'enfants, des enfants qui veulent être libres, drapeau à la main.

L'amoureuse n'a qu'à ouvrir son vêtement, elle a un asile tout prêt pour son amoureux ; elle le cache sur son cœur, dans la tiédeur de ses habits, comme les petites-bourgeoises cachent leurs galants sous les lits ou dans les armoires.

Oui, tout a déjà été écrit sur les Rougon-Macquart, et pourtant, Zola seul a mis les mots à lire. Et pour se lancer dans cette épopée, il faut commencer par La fortune des Rougon.
C'est une œuvre majeure.

Librairie internationale A. Lacroix, Verboecken et Cie (1871)
475 pages dans Le Livre de Poche

 

L'AUTEUR
Émile Zola (1840-1902) est un écrivain, journaliste et critique d’art, chef de file du mouvement naturaliste. En 1867 paraît Thérèse Raquin qui fait scandale pour la noirceur de l’histoire et le caractère dépravé de ses personnages. L’Assommoir, septième roman du cycle des Rougon-Macquart, publié en 1877 est son premier grand succès littéraire. En 1894, l’affaire du capitaine Dreyfus éclate et divise la France et Émile Zola prend sa défense dans un article historique, J’accuse…!  publié dans l’Aurore et qui lui vaut une condamnation pour diffamation le poussant à l’exil. Il meurt peu après son retour à Paris et ses cendres sont déplacées au Panthéon en 1908. 

 

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