À CRIER DANS LES RUINES d'Alexandra Koszelyk

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Un feu d’artifice de 1200 tonnes. Le fracas est assourdissant. Les lumières clignotent. La catastrophe a eu lieu. On court, on tourne, on hurle. Lorsque la dalle retombe sur le réacteur, son poids le brise de toutes parts et provoque un incendie cyclopéen. Le feu rampe partout, et l’œil unique du réacteur brûle comme celui de Polyphème en des temps immémoriaux.

Le 26 avril 1986, Tchernobyl, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire Lénine explose.
Léna et Ivan vivent à Pripiat, ils ont treize ans. Ils sont comme deux âmes liées à jamais.
Mais, évidemment, tout doit basculer...

Pour le lecteur, la découverte d'un livre est à situer dans un instant de vie. Quand j'ouvre ce livre-là, voilà où je me situe : je viens de finir un livre fort dans ses évocations et de qualité d'écriture certaine, puis, il y a peu, j'ai visionné la mini-série Tchernobyl, dont la forme documentaire ne laisse pas indemne, et enfin, puisqu'il s'agit ici aussi d'exil, j'ai lu récemment le très bon Bratislava 68, été brûlant de Viliam Klimacek. Alors, quoi ?

Alors À crier dans les ruines m'a fait l'effet d'une jolie histoire "d'amour pour toujours" malgré l'exil et les particules radioactives, c'est tendre, peut-être un peu trop sucré parfois, de jolies balades à Paris et en Italie. D'autres plus funestes à Pripiat, certes.
Il m'a manqué le sel. Il m'a manqué le traumatisme de l'explosion nucléaire sur Léna, il m'a manqué de la tension. Par contre, beaucoup de mythologie et de références littéraires, beaucoup d'histoires dans l'histoire, mais trop peu d'Histoire. Finalement, je crois que j'aurais préféré suivre la vie d'Ivan, resté en Ukraine, personnage qui m'a semblé plus consistant, plus abîmé. Non pas que je souhaitais à Léna d'être plus torturée…, et puis si, peut-être aurait-elle pu l'être, après tout.
Quant à la forme, elle va avec le personnage de Léna, de jolies images, des mots ronds quand j'attendais des angles.

Alors, peut-être aurais-je dû caler cette lecture entre deux autres plus aérées, j'aurais alors ressenti le poids d'un exil, l'attachement à une terre et le choc d'une catastrophe sans précédent.

Aux forges de Vulcain (2019)
251 pages

 

L'AUTEUR
Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien. À crier dans les ruines est son premier roman.

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