LE TUMULTE DES FLOTS de Yukio Mishima

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Dans les années 1950, sur l’île d’Utajima, vit Shinji, un jeune pêcheur qui n’a jamais franchi les mers qui l’entourent. De condition modeste, il tombe amoureux de la belle Hatsue dont le père est l’homme le plus riche de la contrée. Leur amour chaste est malmené par des jalousies et des trahisons, finiront-ils par se retrouver ?

A la faible lueur de l'aube, les pierres tombales apparaissaient comme les voiles blanches de nombreux bateaux à l'ancre dans un port encombré. C'étaient des voiles que le vent ne gonflerait plus, des voiles qui, inutilisées trop longtemps et se penchant lourdement, avaient été transformées en pierre là où elles étaient. Les ancres des bateaux s'étaient plantées si profondément dans la terre sombre qu'elles ne pourraient jamais plus être relevées.

Alors que l’œuvre de Mishima, tout comme sa propre vie, évoque souvent des destins au dénouement tragique, Le tumulte des flots est un joli conte traditionnel qui se termine bien. Une histoire d’amour qu’il faut mériter et un jeune prétendant qui devra faire ses preuves pour pouvoir épouser sa belle. Bien que peu sensible à ce genre de sentimentalité, je reconnais à ce livre de jolis passages empreints de poésie dans des paysages dignes des estampes japonaises d’Hokusai offrant un « monde flottant ».
Si cette histoire d’amour trop sucrée ne m’a pas emportée, je n’oublierai cependant pas le destin à la fois effroyable et théâtral de son auteur qui mit fin à ses jours par seppuku dans une magistrale mise en scène. Cela amène à vouloir découvrir une part de son œuvre moins légère.

Édité  au Japon en 1954
Gallimard (1969)
Traduit du japonais par G. Renondeau
244 pages

 

L’AUTEUR

Yukio Mishima est un écrivain japonais. Confession d'un masque, paru à l'automne 1948, le révèle au public. Auteur prolifique, Mishima enchaîne nouvelles et romans parmi lesquels on peut citer Amours interdites (1951), paru l'année de son premier voyage en Occident, Le Pavillon d'or (1956) ou Après le banquet (1960). Il commence en 1965 l'œuvre la plus importante à ses yeux, un cycle de quatre romans intitulé La Mer de la fertilité. En 1970, suivant le rituel, Mishima se donne la mort par seppuku.

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