RUE DE LA SARDINE de John Steinbeck

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Me voilà de nouveau en rendez-vous avec Mr Steinbeck. En prenant le livre en main, je savais déjà que j’y serai comme chez moi, que je m’y installerai confortablement et que je n’aurai plus qu’à savourer.
Rue de la Sardine a tout ce que je peux attendre de la poésie. J’y ai trouvé la dureté d’une vie sans concession, la tendresse et la douceur de l’amitié et tellement d’humanité.
La rue de la Sardine, c’est une mini-société, une brochette de personnages atypiques qui cohabitent s’observent, s’engueulent, se battent, se réconcilient. On y croise une bande de malfrats sans le sou qui chasse la grenouille entre deux soûleries, on y croise un commerçant chinois insolite, un doc pas comme les autres, des putes, des rats, de la crasse, de la bière, un terrain vague, une chaudière abandonnée,…
Et puis, c’est Steinbeck quoi ! Ça coule, ça glisse, ça se déguste. On rit, on déchante, on compatit… on aime.

Henry-le-peintre n’était pas français et ne s’appelait pas Henry. Et ce n’était pas un vrai peintre. Il avait tant conté d’histoires sur la Rive Gauche, à Paris, qu’il avait fini par y croire, bien qu’il n’y eut jamais été.

Regardez-les, dit Doc. Les voilà les vrais philosophes ! Ils savent tout ce qui s’est passé en ce bas monde, et vraisemblablement tout ce qui se passera. Ils sont mieux adaptés pour survivre que la plupart des gens. A une époque où l’ambition, la convoitise et la nervosité mettent les êtres en lambeaux, ils musent. Tous ceux qui ont réussi, de notre temps, sont des malades, malades du côté de l’estomac et malades du côté de l’âme ; Mack et les gars sont sains, étrangement propres. Ils font ce qu’ils ont envie de faire, ils satisfont leurs appétits sans les décorer de grands noms.

J’ai découvert cet auteur avec Les raisins de la colère, sublime récit du voyage d’une famille vers la Californie, dans une Amérique en crise dans les années 30. Puis, j’ai lu le tragique et bouleversant Des souris et des hommes. Next...
Faut le lire, pour sûr, faut le lire !

Gallimard (1947)
213 pages


L'AUTEUR

Né en Californie, John Steinbeck y passe 40 ans de sa vie, y fait des études sans décrocher d’ailleurs aucun diplôme. Après des débuts difficiles, sa carrière de romancier prend un nouveau tour avec le succès Des Souris et des hommes puis Les Raisins de la colère, récompensé par le prix Pulitzer en 1939. Il s’installe à New York en 1950 et se révèle être un chroniqueur et polémiste infatigable. Il prend position contre le maccarthysme aux Etats Unis mais contre le communisme à l’étranger, et soutient le président Johnson pendant la guerre du Vietnam. Car si Steinbeck est surtout connu pour ses romans toujours beaucoup lus, il fut aussi reporter de guerre. Son œuvre, couronnée par le prix Nobel en 1962, a suivi une évolution significative. En effet, Steinbeck s’intéresse d’abord à la nature qui l’entoure, il adopte ensuite une approche teintée de déterminisme dans son traitement des rapports humains. Mais après 1945, il finit par prôner une morale de la responsabilité individuelle.

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