REBECCA de Daphné du Maurier

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Rebecca est un roman de Daphné Du Maurier paru en 1938. On ne peut pas parler de nouveauté littéraire pour le coup. Mais comme Tatiana De Rosnay vient de sortir un roman bibliographique de l’auteur, comme les Éditions Albin Michel publient une nouvelle traduction du roman, et comme je n’avais qu’un vague souvenir du film de Mr Hitchcock inspiré du roman, je me suis laissée aller à la découverte d’un livre dont on dit qu’il occupe la 6e place au classement des cent meilleurs romans policiers de tous les temps établi par la Crime Writers' Association.

Pour résumer rapidement, la narratrice, demoiselle de compagnie dans un hôtel de Monte Carlo, va s’amouracher du ténébreux et mondain Maxim de Winter, plus âgé d’une vingtaine d’années et veuf récemment, son épouse Rebecca ayant péri en mer. Il va demander la jeune ingénue en mariage et l’emmènera dans son somptueux domaine de Manderley.

J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley. J’étais debout près de la grille devant la grande allée, mais l’entrée m’était interdite, la grille fermée par une chaîne et un cadenas. J’appelai le concierge et personne ne répondit; en regardant à travers les barreaux rouillés, je vis que la loge était vide.

J’ai retenu deux personnages principaux, deux entités qui prennent tout l’espace et étouffent le lecteur : Rebecca et Manderley, une morte et une demeure prestigieuse. Tout le talent de l’auteur fut d’installer cette omniprésence sur la première moitié du récit. De son vivant, Rebecca était une femme d’une beauté absolue, grande, élancée, toujours apprêtée, elle dirigeait le domaine d’une main de fer. L’épouse parfaite, l’idéal féminin, quiconque lui parlait tombait sous son charme. Et bien que morte alors, sa présence pèse encore dans chaque pièce et sur chaque objet. Impression appuyée par cet étrange personnage qu’est Madame Danvers, gouvernante lugubre qui s’acharne à garder vivace le fantôme de la défunte Mme de Winter dans un Manderley imposant, un Manderley ancestral, un Manderley sacré, mais un Manderley qui écrase en huis-clos.

Il ne m'appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l'avait dit, elle était dans cette chambre de l'aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au-dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l'escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu'elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n'avais rien à faire ici.

J’ai aimé la façon qu’à Daphné du Maurier de décrire chaque lieu, chaque odeur. Chaque sensation est dépeinte avec finesse et moult détails. J’y étais. J’ai aimé comme, dans le même temps, elle installait l’ambiance oppressante de Manderley. J’ai aimé sa manière de créer de la tension sans surjouer. J’ai aimé chacun des personnages pour la densité qu’elle y a mis. J’ai aimé Rebecca et je m’en vais maintenant découvrir son auteur avec le roman de Tatiana de Rosnay, Manderley forever.

Albin Michel (2015 pour la nouvelle traduction de Anouk Neuhoff)
535 pages

 

L'AUTEUR

Daphné Du Maurier écrit ses premières pages dignes d'être publiées à l'âge de dix-huit ans. Elle publie son premier roman, The Loving Spirit (La Chaîne d'amour), en 1931 et épouse l'année suivante le général de division Frederick Browning.
Le roman de Daphné du Maurier le plus connu est certainement Rebecca (1938).
Trois de ses écrits sont portés à l'écran par Alfred Hitchcock :
L'Auberge de la Jamaïque (1936), adapté au cinéma sous le titre La Taverne de la Jamaïque en 1939, Rebecca (1938), adapté au cinéma en 1940 et Les Oiseaux (1952), adapté au cinéma en 1963.
 

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