GROSSIR LE CIEL de Franck Bouysse

Publié le

 

Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l’année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles.

Je ne savais pas comment démarrer cet avis de lecture, je ne savais pas si j’arriverais à trouver les bons mots pour te dire que ce livre tu dois le lire.
Comme je ne savais pas, donc, j’ai d’abord copié ces quelques lignes qui dès la première page du livre te donnent la couleur. Plutôt sombre avec des éclats de verts éblouissants et des gris qui pèsent sur les épaules. Du noir aussi.

Ce livre, c’est d’abord un décor. C’est la rudesse d’un lieu qui peut se révéler hostile. Du silence, des forêts, le souffle du vent parfois, et tant d’espace. La nature dans son état le plus brut dans notre France profonde, cette nature que tu ne soupçonnais plus.
Gus vit là, dans une ferme, seul avec son chien Mars. Seul avec ses bêtes. Seul avec un voisin à quelques centaines de mètres, son voisin Abel. Pas si seul finalement.
La vie de Gus peut paraître austère, redondante, monacale, éprouvante, mais c’est la vie de Gus. Il est né dans cette ferme.
Ce livre, c’est donc aussi une histoire humaine. Et quel talent pour nous gorger d’autant d’humanité avec seulement deux personnages qui chaque jour de leur vie vont s’occuper des bêtes, réparer la clôture, chasser la grive. Mais que sait-on de ces hommes si rudes ?  De leur cœur, de leurs drames ? Des vies comme celles de Gus ou d’Abel, ça te noue la gorge, ça te bouleverse. Un bain d’humanité, un grand bain. Une leçon. Un retour à l’essentiel.
Un mot sans cesse me vient quand je parle de ce livre : justesse. Justesse du ton, justesse du lieu, justesse des personnages, justesse du rythme, justesse de l’intrigue. Tout est juste, ajusté, vrai. Pas un mot de trop, pas un mot inutile.
Ce livre je l’aime comme si je le connaissais depuis toujours.
Je ne peux que te le conseiller ardemment. Simplement.

La manufacture de livres (2014)
199 pages

 

L’AUTEUR

En 2004, il publie un premier roman La paix du désespoir aux Éditions Le Manuscrit. Il récidive quelques années plus tard, en 2007, avec son premier roman noir : L'entomologiste est publié chez un éditeur limougeaud Lucien Souny.
Dès 2008, paraît Le Mystère H., chez Les Ardents Éditeurs. Avec ce titre, il entame une trilogie avec un « roman d'aventure qui revisite les grands mythes des romans noirs autour de la figure énigmatique du personnage de H. »
Puis en 2013, Noire porcelaine chez Gestenoir éditions, Vagabond chez Écorce éditions.
En 2014, Oxymort chez Gestenoir éditions et Pur sang chez Écorce éditions.

 

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