CHARLOTTE de David Foenkinos

Publié le

 

J’ai tenté d’écrire ce livre tant de fois (…)
Je commençais, j’essayais, puis j’abandonnais.
Je n’arrivais pas à écrire deux phrases de suite.
Je me sentais à l’arrêt à chaque point.
Impossible d’avancer.
C’était une sensation physique, une oppression.
J’éprouvais la nécessité d’aller à la ligne pour respirer.
Alors, j’ai compris qu’il fallait l’écrire ainsi.

Charlotte Salomon est née dans une famille abimée par la mort.
La mort, le mensonge, l’amour, la guerre façonneront sa peinture.
Charlotte peint.
Charlotte peint comme si elle allait mourir demain.
Et l’auteur nous en fait un portrait magnétique.
Sa passion pour l’artiste transpire dans ses mots.
Ses lignes suent la complexité d’une personnalité enfiévrée.
Sa poésie exhale la frénésie créatrice d’une femme traquée.
Charlotte est une écorchée et mes sens en sont encore bousculés.

Leur cœur bat de la même façon.
Comme s’il était enroulé dans une étoffe.
Il se débat en sourdine, sans faire de bruit dans le corps.
A la manière coupable dont les survivants respirent.

Charlotte meurt à vingt-six ans dans un camp de la mort.
Elle était juive, elle était enceinte.
Je découvre la plume puissante de David Foenkinos.
J’en suis délicieusement surprise.
Je ne m’étais pas exaltée sur  La délicatesse.
Et je me retrouve glorifiant cet hommage passionné.
J’ai surligné tant de passages…
Un livre à lire, à relire, à partager.

Gallimard (2014)
221 pages

 

L’AUTEUR

Après avoir exercé le métier d'attaché de presse dans l'édition, David Foenkinos parvient à faire publier Inversion de l'idiotie, son premier roman, en 2002 chez Gallimard. La Délicatesse, 2009, lui apporte la consécration. En 2014, il publie Charlotte l'histoire vraie d'une artiste-peintre juive déportée à Auschwitz, dont les œuvres sont exposées au Musée juif d'Amsterdam.

 

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